Maison de ressourcement Buffalo Sage: Des rapports entre toutes choses

La Maison de ressourcement Buffalo Sage offre un environnement correctionnel unique. L’établissement du centre-ville d’Edmonton, dirigé par les Native Counselling Services of Alberta (NCSA), est le seul pavillon de ressourcement géré par la collectivité autochtone auquel ont accès les délinquantes.

Les pavillons de ressourcement comme la Maison de ressourcement Buffalo Sage sont connus sous le nom de « pavillons de ressourcement visés par l’article 81 », en référence à l’article de la Loi sur le système correctionnel et la mise en liberté sous condition qui permet au SCC de transférer un délinquant d’un établissement à une collectivité autochtone offrant des services correctionnels. Les NCSA croient que les pavillons de ressourcement visés par l’article 81, comme la Maison de ressourcement Buffalo Sage, contribuent au processus de réconciliation en traitant les séquelles du traumatisme historique subies par les peuples autochtones au Canada.

La directrice générale de la Maison de ressourcement Buffalo Sage, Clare Carefoot, travaille depuis sept ans à l’établissement, soit depuis le jour où celui‑ci a ouvert ses portes à 16 femmes, en septembre 2010. Aujourd’hui, elle est enthousiasmée par l’avenir de la Maison de ressourcement Buffalo Sage, qui a été agrandie et permet désormais d’accueillir 28 femmes. Il est clair que Mme Carefoot se soucie profondément de ce centre correctionnel unique et de ses détenues. « Ce sont les femmes les plus fortes que je connaisse », a-t-elle affirmé. « Elles ont toutes subi tellement d’épreuves. Je suis certaine que moi-même, je n’aurais pas survécu aux mauvais traitements dont la plupart d’entre elles ont été victimes. »

Le programme Esprit de la guerrière de Buffalo Sage, conçu par les NCSA, vise à apaiser la colère et la rage des personnes qui ont été maltraitées et, en particulier, celles des personnes qui ont subi un traumatisme historique. L’établissement offre une variété de programmes qui respectent la culture des délinquantes autochtones. « Nous croyons que, pour que les gens puissent vivre une Pimatisiwin (bonne vie), ils doivent respecter les sept enseignements que sont l’humilité, le respect, l’honnêteté, l’autonomie, la bienveillance, le partage et la compassion », explique Mme Carefoot. « Nous adhérons à ce concept ici, à Buffalo Sage, et nous travaillons en étroite collaboration avec notre Aînée, Vicky. Nous avons notre propre suerie à Enoch, qui est une réserve située aux abords de la ville. Nous tenons également notre propre cérémonie de la suerie au moins toutes les deux semaines. »

Mme Carefoot ne travaille pas seule : « Nous ne disposons que de quatre agents d’unité résidentielle à temps plein, mais nous avons 13 employés à temps partiel qui effectuent des quarts de travail et des escortes. Nous comptons un agent de libération conditionnelle, un agent de programme, un Aîné, un commis et un superviseur d’unité résidentielle. Nous travaillons en étroite collaboration avec les organismes Mustard Seed et Elizabeth Fry, et avons de nombreuses personnes qui se portent volontaires pour accompagner les femmes dans le cadre des escortes. »

Le transfèrement des femmes à la Maison de ressourcement Buffalo Sage est un long processus. Mme Carefoot collabore avec un agent de liaison autochtone en établissement du SCC afin d’inviter les femmes à présenter une demande de transfèrement. Un processus de sélection comprenant des entrevues est effectué, et la décision concernant la demande est prise en dernier lieu par le directeur ou la directrice de l’établissement.

Lorsqu’on lui demande comment les délinquantes tirent profit du modèle du pavillon de ressourcement, Mme Carefoot souligne les nombreuses façons dont Buffalo Sage aide ses résidentes. « Nous offrons des cours de compétences parentales, des cours de gestion de l’argent et des programmes axés sur le deuil et la perte, et un tuteur vient une fois par semaine pour aider les femmes à améliorer leur niveau de scolarité. Lorsque les femmes arrivent ici, elles sont habituellement blessées et très méfiantes, mais nous les voyons s’épanouir après quelques semaines. » Mme Carefoot souligne que l’emplacement de la maison de ressourcement au centre-ville d’Edmonton présente des avantages : elle est proche des circuits d’autobus, des emplois au centre-ville, de l’Université de l’Alberta et du Northern Alberta Institute of Technology, ce qui aide les femmes à améliorer leurs compétences et, par le fait même, leur employabilité. « Nous pensons que notre travail consiste à les aider à guérir et à voir si nous pouvons leur offrir le type de programmes ou de compétences scolaires et professionnelles qui les aideront à se trouver de bons emplois dans leur collectivité, afin qu’elles puissent de nouveau s’occuper de leurs enfants. »

En effet, la Maison de ressourcement Buffalo Sage aide également les délinquantes à entretenir des relations avec leurs enfants. « Nous avons un programme mère-enfant; il y a donc des enfants qui vivent ici, et d’autres qui viennent le week-end », explique Mme Carefoot. « Toutes les femmes ont des enfants dans leur entourage, alors cela les aide d’avoir des enfants autour d’elles, et cela aide aussi à garder la maison propre. Nous disons simplement aux femmes que si elles consomment de la drogue ou de l’alcool ici, nous perdrons les enfants, car nous ne pouvons pas avoir de drogues en présence des enfants. Elles semblent toutes comprendre et respecter cela. Nous croyons au concept Wahkohowin (l’existence de rapports entre toutes les choses). Nous devons nous entraider en tant que femmes et nous protéger les unes les autres. »

« Elles réussissent à survivre » dit Mme Carefoot, qui est impressionnée par la force dont font preuve les femmes qui résident à Buffalo Sage, malgré leurs expériences de vie souvent incroyablement pénibles. Mme Carefoot espère que leur vie prendra une direction plus positive une fois qu’elles quitteront l’établissement.

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