Maxime-Kalifa Sanou, un sportif pas comme les autres

Par Mohamed Ait Lahcen, agent de programmes correctionnels au CCC Marcel-Caron

Maxime-Kalifa Sanou est une personne qui vit au rythme du sport et fait preuve d’une discipline exemplaire. Ancien entraîneur pour le Rouge et Or de l’Université Laval, excellent joueur de basketball et boxeur accompli, Maxime travaille comme préposé au secteur des admissions et libérations à l’Établissement de Donnacona depuis septembre 2016. Auparavant, il y a œuvré comme agent de correction à pendant plus de 8 ans.

Il m’a raconté avec enthousiasme sa fierté de représenter son pays et son organisation aux Jeux des policiers et pompiers. Sa première participation en tant qu’athlète agent de la paix remonte à 2015 dans le cadre des Jeux mondiaux des policiers et pompiers qui se sont déroulés à Fairfax, aux États-Unis. Dès son arrivée aux Jeux, il a vite compris l’ampleur et l’engouement de cet événement d’envergure internationale. L’entrée dans le stade des 10 000 athlètes provenant d’une soixantaine de pays différents lors de la cérémonie d’ouverture représente, à ses yeux, l’un des plus beaux moments qu’il a vécus en tant qu’athlète. Pour cette première expérience, Maxime a participé à la discipline du basketball avec une équipe composée au départ de policiers et d’agents correctionnels de la région de Québec. Il a pu se mesurer à des équipes des États-Unis, d’Israël, de la Chine et du Mexique, contre lesquelles son équipe a perdu en finale de la médaille de bronze.

Sa seconde expérience sportive a eu lieu lors de la première édition des Jeux nord-américains des policiers-pompiers qui se sont déroulés en juillet 2016 à Drummondville (Québec). Pour la première fois, Maxime a participé à deux compétitions, soit la boxe le et basketball. Il a remporté la médaille d’or en boxe dans la catégorie classe ouverte 75 kg (25 combats et plus), alors qu’au basketball son équipe a été éliminée avant la ronde des médailles. Sa plus récente expérience sportive d’envergure, et non la moindre, a eu lieu en août 2017 à Los Angeles, en Californie. Pour la seconde fois, Maxime a participé à deux compétitions, toujours la boxe et le basketball, mais cette fois-ci au niveau international. En boxe, il a décroché la médaille d’argent ; au basketball, son équipe a été éliminée avant la ronde des médailles.

La participation de Maxime aux Jeux des policiers et pompiers représente pour lui plus qu’un enjeu de la victoire et des médailles : c’est aussi l’ambiance indescriptible de confrérie qui règne pendant ces rencontres. Ces compétitions lui ont permis d’échanger avec les autres agents de la paix des cinq continents. Il a eu la chance de côtoyer des hommes et des femmes de différentes origines, ethnies, religions, langues, ce qui lui a permis de renforcer son amour pour la diversité et l’inclusion.

Je ne peux passer sous silence tous les sacrifices que Maxime a faits pour participer à ces événements, particulièrement à la boxe, où l’entraînement est très exigeant. Il y a aussi tous les coûts rattachés aux voyages. Malgré ces inconvénients, Maxime est fier de ses exploits, car pour lui, ces expériences sportives et humaines valent la peine d’être vécues et peuvent inspirer les jeunes et les inciter à affronter leurs difficultés et à accomplir de belles choses.

En plus de ses réussites sportives, force est de constater que Maxime a le souci du bien-être de sa communauté, où il s’implique auprès des jeunes issus des milieux défavorisés. Par exemple, il a fondé en 2014 un organisme à but non lucratif, Parrain VIP, ce qui a permis à deux jeunes athlètes issus d’un milieu défavorisé de participer à des camps de perfectionnement sportif. Il agit aussi à titre de mentor auprès des jeunes athlètes dans le besoin afin de leur transmettre de bonnes valeurs. En août 2016, il a participé à l’organisation d’une activité d’inauguration d’un nouveau terrain de basketball pour des jeunes vivant dans des habitations à loyers modiques. Cet évènement s’inscrivait dans le contexte d’une initiative du Service de police de la Ville de Québec visant à favoriser un rapprochement avec les communautés ethnoculturelles de Québec.

Depuis 2014, Maxime fait partie des As de Québec, une équipe de basketball regroupant des policiers et des agents correctionnels qui participent aussi au Jeux mondiaux des policiers et pompiers. Chaque année, son équipe dispense gratuitement des cliniques de basketball dans des écoles secondaires auprès d’élèves ayant des difficultés d’intégration, d’apprentissage ou de comportement. Également, en mars 2017, il a permis à 6 jeunes de différentes communautés ethnoculturelles d’assister à un gala de boxe au profit d’organismes de charités de la région de Québec, un évènement qui a généré des profits de 11 500 $ tout en sensibilisant les jeunes à la persévérance, l’entraide et la générosité.

Par ailleurs, depuis son arrivée au Service correctionnel du Canada (SCC), Maxime représente un bel exemple d’intégration pour les employés issus des communautés ethnoculturelles. Depuis 2011, en tant que membre du Comité sur l’équité en emploi et la diversité et membre du Bureau des conférenciers du SCC, il a participé à plusieurs activités de recrutement des personnes ciblées par les groupes d’équité en emploi. Il fait ainsi la promotion des différentes actions du SCC et de la fonction publique fédérale pour créer un environnement de travail sans préjugé ni discrimination. En janvier 2017, il est devenu formateur pour dispenser la Formation sur la diversité et les compétences culturelle, qui traite de plusieurs sujets en lien avec les délinquants ethnoculturels, les personnes représentant les groupes d’équité en emploi, la diversité et l’inclusion. Tout récemment, en mars 2017, Maxime a été invité comme conférencier dans un établissement postsecondaire de la région de Québec, où il a présenté aux étudiants les avantages d’avoir grandi au Québec dans un environnement multiculturel.

Maxime représente aussi une belle source d’inspiration pour les employés de l’Établissement de Donnacona ainsi que pour les délinquants issus des communautés ethnoculturelles. Dans le cadre de son travail, en plus d’accueillir les délinquants et de participer à leur processus de libération, il s’occupe des achats d’effets personnels pour ces derniers. Il s’est ainsi chargé de présenter une liste de produits spécialisés pour les soins d’hygiène des délinquants ethnoculturels. Il prend aussi le temps de sensibiliser les délinquants admissibles à leur libération, à l’importance d’être un modèle positif pour leur communauté et à l’impact de leur action sur l’image de celle-ci.

En février 2017, dans le cadre du Mois de l’histoire des Noirs, Maxime a organisé un concours pour tout le personnel de l’Établissement de Donnacona. Les participants avaient la chance de remporter une paire de billets pour assister au « Gala de l’excellence afro-antillaise », où l’on souligne l’excellence de certains membres de la communauté noire de la région de Québec.

Aujourd’hui, Maxime est devenu un excellent représentant des valeurs fondamentales du SCC, qui sont essentielles à une société ouverte et inclusive. Il est d’ailleurs l’heureux récipiendaire 2016-2017 du Prix du multiculturalisme Emerson Douyon, que le SCC lui a octroyé pour ses accomplissements envers les communautés ethnoculturelles et spécialement pour tout le travail qu’il fait auprès des jeunes de sa communauté.

Date de mise à jour :

Commentaires

aitlahcenmo

Bravo Maxime tu es un exemple à suivre. Merci pour ton dévouement à ta communauté.