Comment certains délinquants guérissent à travers d’un programme innovateur à l’Institution Drumheller

« Le soutien que m’ont procuré les chiens me sort de ma zone de confort et m’aide à devenir plus calme. »

Voilà le commentaire que formulait un délinquant participant au programme Canine Assisted Learning (CAL). Il s’agit d’un programme novateur d’apprentissage avec l’assistance d’un chien qui est offert à l’Établissement de Drumheller, en Alberta, et qui repose sur le principe empirique des bienfaits que procurent les interactions entre humains et chiens. Ce programme fait appel à une approche d’apprentissage expérimentale pour favoriser l’acquisition de compétences en développement personnel, la croissance personnelle et la santé mentale en général.

En réalisant des exercices axés sur des objectifs, les participants au programme, qui dure trois jours et demi, établissent des liens de confiance et de respect avec divers chiens de thérapie uniques et appliquent à leur plan correctionnel les connaissances qu’ils ont acquises. Une attention particulière est portée aux questions relatives à la toxicomanie et à la vie personnelle et affective.

Les participants soutiennent que le programme leur donne un moment de répit dans leur incarcération quotidienne. Leurs interactions avec les chiens leur permettent de se reconnecter avec eux‑mêmes grâce à la compassion et au soutien inconditionnel qu’ils éprouvent.

Le programme CAL favorise aussi l’autoréflexion. Un participant a mentionné : « Le fait de comprendre les chiens et la façon dont ils se sentent me permet d’établir des liens avec l’animal et de me rendre compte que l’énergie que je dégage, que ce soit avec les chiens ou les humains, a un impact sur mes rapports. »

Un autre participant a affirmé : « Ça m’a fait du bien de ne pas avoir à me tenir sur mes gardes et de passer du temps avec un animal honnête et tolérant, capable d’un amour inconditionnel, […] et de me concentrer sur ma guérison. »

Lancé en 2016 par Colleen Anne Dell de l’Université de la Saskatchewan et Darlene Chalmers de l’Université de Regina, le programme a évolué pour prendre la forme de séances distinctes en fonction de la rétroaction fournie par les participants et le personnel. Sachant que l’expérience des participants aura une incidence sur leurs pensées et que leurs sentiments et leurs émotions influeront sur leur comportement, les responsables du programme CAL ont adopté une approche axée sur le perfectionnement des compétences cognitives et comportementales.

La plupart des participants maintiennent que ce programme leur a permis d’oublier temporairement leur statut de « condamné » et d’être eux-mêmes avec les chiens. Par conséquent, ils se perçoivent différemment et ont ainsi la possibilité de mettre en pratique leurs capacités d’adaptation. Ils éprouvent aussi du bonheur et un sentiment d’accomplissement lorsqu’ils s’occupent des chiens, ce qui influe sur leur comportement tout au long du programme.

Louise Kloot, directrice du programme à l’Établissement de Drumheller, souligne que les participants évoluent dans un environnement immersif avec les chiens, tout en prenant part à des exercices pratiques. Cette expérience les amène à penser et à se sentir différemment, ce qui pourrait engendrer chez eux une nouvelle façon d’être.

À travers du programme CAL, l’Établissement de Drumheller respecte la récente lettre de mandat de la commissaire Anne Kelly, dans laquelle le SCC est encouragé à s’associer à des organismes communautaires et à des bénévoles et à leur apporter son soutien pour offrir un plus grand choix de programmes, tels que ceux qui misent sur les arts, les animaux et le mentorat par les pairs.

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