Le SCC protège les gens et l’environnement

Un matin de l’été 2019, Dawne Flaborea a reçu un appel inhabituel. Une baleine noire de l’Atlantique Nord était mort, et le ministère de Pêches et des Océans souhaitait l’enterrer Elle sur le terrain d’un des établissements du Service correctionnel du Canada (SCC ) de la côte Est. 

« J’ai d’abord songé à l’eau potable », dit Dawne, gestionnaire nationale, Qualité de l’eau potable et protection de l’environnement, au SCC. « Notre eau potable provient des eaux souterraines de la région de l’Atlantique. On ne peut pas enterrer une baleine de 60 tonnes n’importe où et contaminer des sites. »

En fin de compte, la baleine a été enterrée ailleurs. Les gens n’ont pas tendance à associer le SCC à la protection de l’environnement, mais plutôt à la protection des personnes.

Néanmoins, comme Dawne l’a souligné, les établissements s’apparentent à de petits villages autonomes composant avec des questions environnementales semblables. Les établissements correctionnels sont dotés de réservoirs de carburant, de génératrices, de systèmes de chauffage et de refroidissement, de réfrigérateurs, d’un parc automobile et de ballasts, et produisent des eaux usées et des déchets alimentaires — lesquels doivent être gérés de façon adéquate pour éviter les atteintes à l’environnement.

Le SCC doit gérer ses propriétés, contrairement aux autres ministères et organismes dont les propriétés sont gérées par Services publics et Approvisionnement Canada. La Division de la protection de l’environnement et du développement durable du SCC est responsable de la gestion de l’environnement de l’organisation, et se concentre sur la conservation et la protection des terres, du sol, de l’eau, de l’air et de l’énergie.

« Nous sommes un gros organisme et plusieurs de nos activités sont assujetties à des lois et à des règlements fédéraux », dit Dawne. « Par exemple, l’Établissement de Collins Bay possède des zones humides qui abritent de nombreuses espèces, dont une grenouille protégée en vertu de la Loi sur les espèces en péril. Nous collaborons avec Environnement Canada afin de nous assurer que les activités agricoles menées sur place et les travaux de construction des nouvelles installations n’ont pas de conséquences néfastes sur son habitat. »


Photo du visage de Dawne.
Dawne Falborea, gestionnaire nationale, Qualité de l’eau potable et protection de l’environnement.

Pour aider à lutter contre le réchauffement et les changements climatiques, le gouvernement fédéral a lancé la Stratégie pour un gouvernement vert en 2017, laquelle a été actualisée en décembre 2020. Tous les ministères et organismes doivent ainsi atteindre un certain niveau de conservation et de rendement énergétiques, réduire leurs émissions de gaz à effet de serre et envisager des façons de rendre les biens, les services et les activités plus résilients et adaptables aux changements climatiques.

« Nous cherchons à réduire les gaz à effet de serre, les déchets et les matières plastiques — toutes des réductions », dit Paul Provost, directeur, Division de la protection de l’environnement et du développement durable. « Au sein d’un établissement, il y a une multitude de choses à considérer. »

Lorsque Paul s’est joint au SCC en 1993, il était le seul responsable de l’environnement et faisait partie du groupe de l’ingénierie et de l’entretien. Le groupe responsable de l’environnement s’est élargi à mesure que les questions environnementales retenaient de plus en plus l’attention du public et des politiciens, pour former une équipe de 30 spécialistes.

Paul, qui est devenu le directeur du groupe en 2010, souligne que près de 87 pour cent des émissions de gaz à effet de serre du SCC proviennent de la consommation d’électricité et de mazout des établissements.

« À moins d’accroître notre rendement énergétique, nous continuerons de générer d’importantes quantités de gaz à effet de serre », dit Paul. « L’exercice 2005-2006 est l’année de référence, car le SCC produisait alors 139 000 tonnes de gaz à effet de serre annuellement. Dans le dernier rapport annuel sur les émissions de gaz à effet de serre, nous affichions une réduction de 18 pour cent. »


Photo du visage de Paul
Paul Provost, Directeur - Protection de l'environnement et développement durable.

Dans le but de réduire notre consommation d’électricité, nous remplaçons toutes les ampoules incandescentes traditionnelles par des ampoules DEL, puisque ces dernières affichent typiquement un rendement supérieur de 84 pour cent et durent plus longtemps, devant uniquement être remplacées tous les dix ans. Les lumières sont toujours allumées dans les installations du SCC — que ce soit à l’intérieur des édifices, sur le terrain et dans les aires de stationnement — les lumières DEL constituaient donc un choix logique.

Paul affirme que le remplacement des ampoules n’a pas seulement permis de réaliser des économies d’énergie; le personnel a constaté que le plus large spectre de lumière des ampoules DEL permettait de mieux voir le terrain la nuit, améliorant ainsi la visibilité sur le plan de la sécurité, notamment grâce à la saisie d’images plus claires par les caméras. 

De nombreux établissements plus âgés du SCC ont été bâtis bien avant l’adoption de règlements en matière de protection de l’environnement. Par le passé, plusieurs établissements éliminaient leurs ordures sur leur terrain. Depuis 2005, le SCC participe à la réalisation du Plan d’action pour les sites contaminés fédéraux en gérant ces sites contaminés.

« Notre responsabilité environnementale à l’égard des sites contaminés, qui s’élevait à environ 18 millions de dollars, est maintenant de près de 2 millions de dollars », dit Paul. « Nous l’avons réduite d’environ 16 millions de dollars sur 16 ans. »

Le groupe continue aussi de gérer de plus petits sites contaminés dans les établissements, comme des fuites et des déversements antérieurs provenant de systèmes de stockage de produits pétroliers souterrains et des champs de tir où des balles de plomb sont tirées tous les jours.

La qualité de l’eau est également une source majeure de préoccupation.

« Nous avons une infrastructure âgée. Nous modernisons nos installations de traitement de l’eau potable, nos réservoirs d’eau et nos installations de traitement des eaux usées afin de satisfaire aux exigences réglementaires et d’améliorer l’efficacité », dit Dawne. « Nous devons fournir de l’eau potable salubre à notre personnel, aux détenus et aux visiteurs. »

Le SCC exploite huit usines de traitement des eaux et treize usines de traitement des eaux usées sur ses terrains. Près de 1 000 échantillons d’eau potable sont envoyés à des laboratoires chaque mois aux fins d’analyse pour détecter la présence de bactéries coliformes et de métaux et assurer la qualité de l’eau.

Le groupe réalise aussi des audits des déchets des établissements. Puisque les services d’alimentation génèrent une quantité importante de déchets, nous tâchons de détourner ces déchets des sites d’enfouissement grâce au compostage et au recyclage. Nous remplaçons la vaisselle et les contenants en polystyrène par des matières biodégradables et nous avons retiré les condiments emballés individuellement dans du plastique, comme le beurre d’arachide.

Bien qu’il reste encore beaucoup de travail à faire, la Division de la protection de l’environnement et du développement durable réussit à réduire les déchets, la consommation d’énergie et les gaz à effet de serre.

« Nous devons nous assurer de mener nos activités de façon durable », dit Paul. « Grâce aux efforts déployés par mon équipe, nous continuerons de faire tout notre possible pour aider le SCC à évoluer vers un environnement plus vert. »

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