Le SCC aux Bahamas : Vers des services correctionnels axés sur la réhabilitation

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Un élément fondamental du système correctionnel du Canada consiste à assurer la garde sécuritaire et humaine des délinquants et à favoriser leur réadaptation et leur réinsertion dans la collectivité. L’an dernier, ce principe s’est retrouvé à l’avant-plan lors d’une initiative de collaboration entre le Service correctionnel du Canada (SCC) et le Département des services correctionnels des Bahamas (DSCB).

 

Après la signature d’un protocole d’entente en 2014 visant à mener des activités collaboratives dans le domaine des services correctionnels, le partenariat entre le SCC et le DSCB a grandi. En 2017, le SCC a effectué un examen préliminaire des processus et pratiques d’intervention correctionnelle du DSCB. Cet examen a permis de dégager quatre domaines dans lesquels le SCC pouvait donner de la formation et de l’aide technique :

 

  • Présenter la formation initiale des agents de libération conditionnelle (FIALC);
  • Élaborer un outil d’évaluation des risques liés aux délinquants semblable à celui qu’administre le SCC;
  • Présenter une séance de formation initiale sur le Modèle de programme correctionnel intégré (MPCI);
  • Élaborer un système de gestion des délinquants de base.

Neuf employés du SCC se sont rendus dans l’archipel dans le cadre de cette initiative. La portée à long terme de ce projet de collaboration consiste à aider le DSCB à élaborer des mesures d’admission complètes, à déterminer les besoins individuels de chaque délinquant et à élaborer des programmes correctionnels ciblés visant la réadaptation et la réinsertion dans la société en fin de peine, le cas échéant. Le fait d’aligner les services correctionnels de manière à répondre aux besoins particuliers, comme ceux liés à la toxicomanie, à des troubles mentaux ou à un manque de scolarité, accroît les chances de réhabilitation et, au bout du compte, renforce les principes directeurs de la sécurité publique.

L’initiative a été un succès sur toute la ligne. Comme l’explique l’agente de libération conditionnelle Heather Finn (Atlantique) : « C’était incroyable de voir la progression de la classe, des sujets abordés le premier jour, comme "en quoi consiste une libération conditionnelle" et "comment les agents de libération conditionnelle peuvent changer les choses", jusqu’à la réalisation d’évaluations complètes des risques et à la prise de décisions fondées sur les risques, à un niveau correspondant à celui des agents de libération conditionnelle chevronnés au Canada. Les gens des Bahamas sont très instruits et savent instinctivement que leur système peut être amélioré. Lorsque nous leur avons présenté certains des outils et des recherches que nous utilisons au SCC, je crois que cela a contribué à combler l’écart entre leur système actuel et le système qu’ils souhaitent avoir dans l’avenir. »

Leslie Ottenhof, gestionnaire, Évaluation et interventions (Ontario), abonde dans le même sens, indiquant que ce qui l’a le plus impressionnée était « le professionnalisme des employés, leur vif intérêt à l’égard de nos programmes et leur volonté d’explorer une approche différente en matière de services correctionnels, ce qui était très rafraîchissant et encourageant. Leur système actuel est davantage axé sur la punition que sur la réhabilitation, alors un grand changement de mentalité est en train de se produire et c’était remarquable de voir autant d’employés à la recherche de changements positifs. »

Le fait que les Bahamas ont choisi d’apprendre du Canada témoigne de la réputation internationale de notre pays dans le domaine des services correctionnels. « Nous devrions tous être fiers de la contribution du SCC. Les employés du DSCB nous ont confié qu’ils avaient examiné divers autres systèmes correctionnels et qu’ils avaient choisi le Canada parce que celui-ci est réputé pour avoir atteint l’objectif qu’ils visent en matière de compréhension et d’évaluation des risques », affirme Tosha Osterhout, agente de libération conditionnelle (Pacifique). « Ce fut le point culminant de ma carrière. Je suis revenue avec une foi renouvelée dans notre système et une fierté à l’égard du travail exigeant que le SCC accomplit quotidiennement. Pour moi, l’élément marquant a été sans aucun doute les gens, et pas seulement les employés des Bahamas, qui ont été des hôtes généreux, au rire facile et avides de toute information que nous pouvions leur communiquer, mais aussi la merveilleuse équipe dont je faisais partie. »

Tosha n’est pas la seule à penser ainsi. Leslie relate également son expérience avec fierté : « J’ai participé à de nombreuses initiatives de formation au cours de mes 27 années de service, et cette expérience a été le point culminant de ma carrière. Pas parce que ça se déroulait aux Bahamas, mais à cause des gens. Les gens des Bahamas sont aussi fiers que les Canadiens et ils nous ont accueillis avec chaleur, humour et professionnalisme. C’était à la fois stimulant et émouvant de penser que nous participions à leurs efforts de transformation du DSCB. Je crois qu’en tant que représentants du SCC, nous avons établi des liens durables grâce à cette expérience. »

Pour les prochaines étapes de cette collaboration, nous nous concentrerons surtout sur les efforts visant à assurer la durabilité de notre travail collectif. Alors que le DSCB modernise ses lois et ses règlements en accordant la priorité à la réhabilitation des délinquants dans le cadre du processus de transition vers un système de réhabilitation, le SCC peut être fier de sa participation à cet échange collaboratif unique entre les deux pays.

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