Pour les coordonnateurs de l’emploi du SCC, aider les délinquants à trouver du travail, ce n’est que le début

Lorsqu’on demande à quelqu’un ce qu’englobe l’expression « services d’emploi », il répond habituellement des tâches simples comme la rédaction d’un curriculum vitæ, la préparation à une entrevue ou l’accès à un tableau d’affichage d’offres d’emploi.

Mais lorsqu’il est question de services d’emploi pour les délinquants sous responsabilité fédérale, la complexité des tâches augmente rapidement.

Pour les coordonnateurs de l’emploi du SCC comme Elias Constantatos, qui fait partie de l’équipe du Programme d’emploi et d’employabilité de CORCAN, trouver un emploi qui convient à chaque délinquant (un défi de taille, il va sans dire) n’est que le début.

« La plupart des gens ne réalisent pas que bien souvent, le plus important est d’aider la personne à conserver son emploi », avance Elias, qui a commencé à offrir des services d’emploi au SCC comme contractuel en 2000 et qui a été embauché à temps plein par l’organisation en 2007. « C’est là que c’est vraiment difficile. »

Un délinquant peut par exemple posséder les compétences techniques nécessaires pour occuper un poste, mais ne pas avoir les compétences générales pour y rester longtemps.

 « C’est le maintien en poste qui est le plus important », explique Elias. « Le plus difficile, ce n’est pas de les aider à décrocher un emploi, mais bien de les aider à le garder. »

Il faut pour cela continuellement les encadrer et les aider à surmonter leurs difficultés, mais aussi tisser des liens avec d’éventuels employeurs et parfois jouer les diplomates quand un délinquant est embauché.

Les coordonnateurs de l’emploi comme Elias, qui travaille à Toronto, ont des échanges ouverts et réguliers avec les employeurs pour apaiser les craintes que ces derniers pourraient avoir par rapport à l’embauche de délinquants. 

« Je fais affaire avec une entreprise en ce moment qui embauche plusieurs délinquants. Ils semblent s’épanouir à cet endroit, ils obtiennent des promotions, ils ne se sentent plus stigmatisés ni mal traités comme c’était le cas auprès d’employeurs antérieurs », confie-t-il. « La relation avec cet employeur est formidable, je lui texte et je l’appelle tous les jours, je réponds à toutes ses questions et préoccupations, qui peuvent être aussi simples que : « "Tel gars semblait frustré hier. Quel était le problème?" ».

Elias a trouvé de nombreux employeurs qui sont prêts à travailler avec lui et qui ont la patience pour affronter les difficultés au fur et à mesure qu’elles se présentent. Le profil démographique des délinquants a aussi évolué, amenant les coordonnateurs qui travaillent dans la collectivité à modifier leur approche par rapport à la recherche d’emploi.

Au début de sa carrière, Elias travaillait plus souvent avec des délinquants âgés qui avaient une mentalité « archaïque », au sens où ils acceptaient la stigmatisation liée à la criminalité et les emplois à court terme mal payés qui l’accompagnaient.

Aujourd’hui, à Toronto, Elias travaille avec des délinquants plus jeunes qui exigent une planification de carrière à court et à long terme. Ils recherchent des emplois qui vont leur permettre de s’intégrer dans la société. Ils veulent pouvoir se payer une maison et avoir une famille un jour.

« Je pense que c’est un signe des temps, un signe que les jeunes n’acceptent plus nécessairement les stigmas », explique Elias. « Ils nous disent : "Vous savez, on a été arrêté, accusé, puis tout ça, mais on a encore le droit de fonctionner comme citoyens, on est capable d’avoir ces aspirations." »

Trouver un cheminement professionnel qui mènera les délinquants à concrétiser ces aspirations et qui les éloignera de la criminalité peut s’avérer particulièrement difficile dans les grands centres urbains du Canada.

« À Toronto, par exemple, le coût de la vie et du logement est astronomique, et les gars le savent », dit-il. « Ils sont nombreux à avoir commis des crimes pour des raisons d’argent. C’est un endroit financièrement difficile. Mettre en place une stratégie pour que les délinquants y obtiennent des emplois rémunérés à plus de 20 $ l’heure représente le nœud du problème. »

Il est essentiel de faire prendre conscience à ces délinquants qu’ils ne doivent pas simplement travailler, mais trouver un emploi durable et bien rémunéré, pour éviter de retomber dans des cycles négatifs.

« Pour moi, c’est la réussite ultime », affirme-t-il. « Si je peux dissuader quelqu’un de vivre dans la criminalité et l’amener à gagner sa vie légitimement, comme la plupart des gens, alors je considère que c’est une réussite. »

Le Programme d’emploi et d’employabilité du SCC aide les délinquants à perfectionner et à améliorer leurs compétences en emploi pour répondre aux exigences du marché du travail. Ils améliorent ainsi leurs perspectives d’emploi et leurs chances de retourner en toute sécurité dans la collectivité. Les entrepreneurs et les employés de CORCAN collaborent étroitement avec les équipes de gestion de cas, les partenaires communautaires et les employeurs. Pour en savoir plus sur les programmes de CORCAN, veuillez consulter le site Web.

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