Voici comment une équipe du SCC aide à améliorer les conditions des femmes détenues partout dans le monde

En 2017, une équipe d’employés du Service correctionnel du Canada (SCC) a lancé la formation tenant compte de l’égalité entre les sexes pour les femmes incarcérées au Libéria. Deux ans et plusieurs voyages internationaux plus tard, l’équipe se prépare une fois de plus à partager ses pratiques correctionnelles mieux adaptées aux soins et à la gestion des délinquantes.

La formation, centrée sur des interventions efficaces qui tiennent compte de l’égalité des sexes, appuie le personnel pénitentiaire chargé de répondre aux besoins particuliers des délinquantes dans les pays affectés par les conflits ou par les opérations de maintien de la paix. Les femmes sont en effet particulièrement vulnérables en milieu correctionnel dans les zones de conflits. Reconnaître cette expérience, qui, généralement, diffère grandement de celle vécue par les hommes, est une première étape vers l’amélioration des conditions d’emprisonnement des délinquantes.

Dans le cadre de cette initiative, l’équipe du SCC offre aux intervenants des services correctionnels étrangers trois jours de formation pratique. Cette dernière est suivie d’une formation de cinq jours pour les participants qui souhaitent devenir formateurs et, à leur tour, former leurs collègues.

Les notions très précises qui sont abordées tout au long de la formation adhèrent aux Règles des Nations Unies concernant le traitement des détenues et l’imposition de mesures non privatives de liberté aux délinquantes (Règles de Bangkok) et à l’Ensemble de règles minima des Nations Unies pour le traitement des détenus (Règles Nelson Mandela).

L’équipe du SCC, comptant des spécialistes en matière d’intervention auprès des délinquantes, a fait la prestation de la formation au Kenya en décembre 2017, avant de s’envoler vers la Namibie en juillet 2018, où elle a soutenu le personnel dans l’ouverture d’un centre de détention pour femmes. Un véritable accomplissement pour l’équipe du SCC et un grand pas en avant pour le personnel pénitentiaire namibien.

Dans le cadre de la Mission des Nations Unies pour l’appui à la justice en Haïti (MINUJUSTH), Brigitte Bouchard, directrice de district pour l’Alberta et les Territoires du Nord-Ouest, et Marlene Wells, formatrice nationale à l’Établissement Nova pour femmes, ont offert la formation à différents intervenants de l’Administration pénitentiaire haïtienne en août 2018. Ayant participé à la formation offerte à Port-au-Prince, Caroline Turcotte, gestionnaire du centre correctionnel communautaire d’Ogilvy, y est retournée en mars 2019 avec Brigitte pour former des formateurs au sein de l’Administration pénitentiaire haïtienne.

« Ces séances ont été l’occasion de discuter des besoins particuliers des femmes incarcérées dans ce pays, de contribuer à la déconstruction des stéréotypes liés aux genres et d’aborder ensemble des approches mieux adaptées pour améliorer les conditions d’emprisonnement des délinquantes », a déclaré Caroline. La formation insiste particulièrement sur l’importance des interventions visant à redonner aux femmes leur autonomie et à augmenter leur estime de soi. « C’est un véritable défi; les femmes qui arrivent en détention ont souvent été victimes de traumatismes et beaucoup souffrent de problèmes de santé mentale. »

« Étant donné que les femmes ont souvent la responsabilité de l’éducation des enfants et du maintien des liens familiaux et sociaux, il est essentiel de tenir compte de leurs besoins relationnels dans les interventions à leur égard », a-t-elle ajouté.

Ces besoins particuliers doivent être pris en compte tant dans l’aménagement des infrastructures pénitentiaires que dans la façon dont le personnel interagit au quotidien avec les détenues.

« La formation permet aux participants d’aborder ces questions et de discuter des approches les plus favorables pour redonner aux femmes une certaine emprise sur leur vie et favoriser leur réinsertion sociale dans la collectivité », a précisé Brigitte.

Lors de leur second séjour à Haïti en mars 2019, Brigitte et Caroline ont commencé à constater l’intégration des notions qu’elles avaient enseignées concernant les interactions entre les membres du personnel masculin et féminin qui avaient assisté à la séance.

« Les femmes présentes à la formation exprimaient plus aisément leurs préoccupations et les défis qu’elles rencontrent en travaillant dans un milieu de travail traditionnellement masculin, tandis que les hommes apparaissaient plus ouverts et respectueux vis-à-vis de leurs collègues féminines », a expliqué Brigitte. Ces résultats sont encourageants et portent à croire que les personnes formées sauront transmettre ces notions pour améliorer les conditions de détention et de travail des femmes en Haïti.

Félicitations à l’équipe du SCC pour tous ces accomplissements et bon succès dans la poursuite de cette mission de formation!

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